Mas du Clos « wet » : festival de glisse et de sourires au cœur de la Creuse
Une pluie fine persistante, un thermomètre automnal mais clément, et le ruban vallonné du Mas du Clos transformé en piste d’équilibriste : ce samedi 10 octobre 2026, l’ultime rendez-vous sur circuit de notre saison anniversaire n’a pas manqué de piquant. Si les virages en aveugle et les dégagements étroits du tracé creusois imposaient une bonne dose d’humilité au petit matin, l’humidité ambiante n’a en rien entamé l’enthousiasme du plateau. Bien au contraire, elle a offert une formidable école de pilotage où la finesse a primé sur la puissance brute.
La météo selon Greg et la prière à Saint Lucas
La veille au soir, autour d’une bonne table avec la délégation suisse, certains prévisionnistes improvisés assuraient pourtant avec aplomb qu’il ne pleut « jamais lors d’une sortie SCCT ». Le réveil sous un ciel bas et gris a vite remis les pendules à l’heure. Même l’incontournable prière collective à « Saint Lucas » (le saint patron britannique des caprices électriques) organisée sous les parapluies à la pause méridienne n’aura pas suffi à percer la couche nuageuse.
Qu’à cela ne tienne : les autos ont bravé les gouttes toute la journée, réservant un soleil insolent uniquement pour le trajet de retour le lendemain.
Des balerines en piste et des limites apprivoisées
Sur une piste particulièrement glissante, le pilotage s’est fait sur un filet de gaz. Entre le gonflage méticuleux des gommes pour trouver l’adhérence et des remises de gaz tout en retenue, les pilotes ont régalé la galerie :
- Le festival des figures libres : Une cascade de têtes-à-queue parfaitement bénins a animé la journée, certains ayant même le plaisir fugace de contempler leurs poursuivants face à face à la sortie du pif-paf supérieur.
- La révélation des autobloquants : La Porsche 944, dotée pour l’occasion d’un différentiel à glissement limité tout neuf, s’est montrée totalement métamorphosée et redoutable d’efficacité, tandis que la Ginetta enchaînait les tours rapides avec ses gommes d’un autre temps.
- Les petites qui bousculent la hiérarchie : Dans ces conditions d’adhérence précaire, le grip s’égalisant, de surprenantes joutes ont vu le jour. La modeste Citroën Axel a pu donner du fil à retordre à des montures bien plus huppées, tandis que les Austin Mini — de la 1000 présidentielle à la jolie verte backdatée — dansaient avec une aisance remarquable entre les vibreurs.
- Le chant des grosses cylindrées : Malgré un couple débordant pour l’asphalte mouillé, les Ford Galaxie, De Tomaso Pantera, Ford Capri (dont la tonitruante Groupe 2) et Mustang ont assuré le spectacle avec de superbes dérives contrôlées.
Preuve de la passion intacte de tous les engagés : à l’heure du tout dernier drapeau à damier, la piste séchante affichait encore une fréquentation digne d’une séance matinale.
La vie des stands : entraide, capots levés et anecdotes
Comme toujours au SCCT, la magie a également opéré dans les paddocks. Entre deux relais, les discussions allaient bon train au-dessus des mécaniques fumantes : réglages de trains, ajustements de boîte récalcitrante (la Capri de Pitoun retrouvant miraculeusement ses vitesses sans explication), contrôles de pressions et inspection du superbe collecteur de la DS.
Le paddock regorgeait de ces petits détails qui font sourire : une figurine de Shrek montant la garde sur une calandre de Simca 1000, des rétroviseurs rigidifiés à la sauce maison, et des pneus slicks arrière emmenés « jusqu’au bout du bout » avant de reprendre sagement la route. Pour la petite histoire, l’une des De Tomaso capturée en pleine action par le photographe du club a même été immédiatement reconnue par un passionné de 80 ans à l’autre bout de la France via un incroyable hasard de relations !
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