Seventies Classic Club Trophy

Quand rouler en ancienne sur circuit est une passion

24 mars 2013: Pouilly malgré le froid…

  • écrit par Franck_RS
  • le 30 mars 2013
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DCIM100MEDIAEn cette froide journée de Mars, un léger voile de brume enveloppe le circuit. Là bas, au bout de la ligne droite, cette brume se confond avec le ciel tout de gris revêtu. Confiant j’égrène les rapports jusqu’au régime max. Je sais qu’au bout de cette portion, une courbe rapide me projettera ensuite sur l’épingle. Mon quatre cylindre s’époumone à plein et pourtant d’un coup il est couvert par un véritable tonnerre. Je la devine encore à peine dans les rétros mais j’entends déjà son puissant V8 rugir. Je sais qu’elle est là et que dans une fraction de seconde elle va me dépasser comme si j’étais au ralenti.

Je serre ma trajectoire et le conducteur à l’élégance d’un petit merci de la main lorsque sa roquette à quatre roues me dépose dans un tumulte sonore digne des grandes orgues de Notre Dame. Elle…. c’est la BTM Cheetah 1964 de Xavier…. et du Guépard dont elle tire son nom elle a aussi hérité la vélocité. Avec une armée de Cobras et quelques Cheetahs les courses du SCCA ne devaient assurément pas manquer de spectacle et de décibels.

20130327134125-a5676aa3-meMais le charme du SCCT ne se résume pas simplement à la présence de quelques autos exceptionnelles. Au contraire toute la saveur de ces journées ce sont ces rencontres entre autos et passionnés d’horizons très différentes. «Come with what your ride» pourrait-être notre slogan. En effet, comment faire plus différent que l’imposante Ford Galaxie 63 de Jean-Marc et la minuscule Honda S800 d’Emmanuel ? L’éclectisme est l’une des clés de la réussite de ces rencontres. Bien sûr pour que l’alchimie prenne il faut avoir des points communs, et les participants en ont de nombreux. Il y a d’abord le partage de la passion automobile et la curiosité. Typiquement presque tout le paddock aura été voir de plus près l’étonnante RX7 de Rudy et son déroutant moteur rotatif bi-rotor . L’autre point commun c’est le plaisir de partager la piste, avec toujours en ligne de mire le plaisir et le fairplay. Pas étonnant dès lors que la journée se soit déroulée sans le moindre souci en piste, et ce malgré un plateau plus fourni que la précédente édition.

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Cette sortie donnait l’occasion de voir de nouveaux visages et de nouvelles autos en piste. Le fond du paddock adopte des faux airs d’Akihabara (un quartier de Tokyo) puisque c’est là que les quelques Datsun se sont réunies.  Comment ne pas s’arrêter un instant sur la très belle 240Z de Michel. L’élégante japonaise se pare des quelques détails qui ne laissent planer aucun doute sur ses origines nippones : couvre phare, rétro typique sur les ailes, et le capot rouge très sombre qui tranche avec la robe blanche et donne la touche d’agressivité nécessaire. En parlant de Datsun, Claire et son père nous font la surprise d’avoir troquer leurs  japonaises respectives contre un sympathique duo de Capri mkIII dont une rare CC Racing Francorchamps… autre marque autre saveur. Quelques mètres plus loin dans le paddock «c’est l’Amérique». L’imposante Corvette racing d’Eric s’offre un paso doble en piste avec la Mustang. Il faut dire que la météo aura été facétieuse puisqu’elle aura attendu l’arrivée en piste des puissants V8 US avant de déverser la seule ondée de la journée. Il fallait les voir nos acrobates se démener sur une piste extrêmement glissante. Léger sur les gaz, un soupçon de contre braquage et les voilà qui s’extraient de la portion  sinueuse du circuit dans le vrombissement de leurs échappement bien libérés… «no replacement for displacement you said ?»

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Du côté de la famille Marie c’est une première, et quelle première ! Déjà nous sommes fan de l’attelage qui transporte l’Anglia puisque c’est une Renault R30 V6 qui tracte le plateau. 70’s jusqu’au bout ! Mais ce n’est pas tout Franck a ramené d’Angleterre sa sublime Escort mk1 qui partage la tonnelle avec une non moins belle 911. Oui mais voilà, la rapide Anglia a pris froid et refuse de tousser. Pas de soucis un autre membre arrive à la rescousse, on chauffe les bougies et voilà le 1600 twin cam (!) qui prend vie. Entraide on vous a dit ! Encore plus avec les nouveaux venus.

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En parlant d’entraide il m’en faudra un peu au moment de quitter les stands au volant de la 1275 GT, dont Patrick à très gentiment accepté de me prêter le volant. Me voilà sanglé, casqué, l’explication de texte faite…. oui mais voilà au moment de démarrer le préposé à la tâche ne veut rien savoir. Qu’importe une mini ça n’est pas lourd (quoi qu’avec moi au volant ça se discute), et Patrick aidé de Gilles m’aident à démarrer à la poussette. Interdit de caler, me voilà prévenu. Premier tour de chauffe et rapidement je prends la mesure de ce petit moteur plein de santé au délà de 3000tr/min. La 2nd est un peu rétive, mais j’ai été prévenu. Dans les premières courbes l’autobloc Tranex me rappelle qu’il apprécie d’être toujours sous couple pour limiter les à-coups dans le volant. La notice est simple, toujours un filet de gaz et les roues braquées vers la trajectoire idéale. Pneus et pilote chauds on s’attaque aux choses sérieuses. Petite portion de droit et l’on glisse vers le gauche en dévers des stands, l’auto enroule, l’arrière dérive très progressivement. Pas besoin de contrebraquer, roue dans l’axe on soude l’accélérateur et magie de l’autobloc le train avant s’aligne et tracte avec efficacité l’auto. Dans les enchainements sinueux il n’y a plus qu’à se concentrer sur la corde, l’arrière suit quoi qu’il arrive. La combinaison empattement court, voies larges fait des miracles dans cette portion. Un freinage un peu appuyé dans le droit à 90° qui conditionne la ligne droite me donne l’occasion de constater que la répartition de frein est pas mal centrée sur l’arrière. Tant mieux ça aide à pivoter et c’est fun. La ligne droite s’avale somme toute assez rapidement, mais les plus grosses cylindrées font la loi ici. Qu’importe je me «refait» dans le droite du bout et au freinage de l’épingle. Sortie tout en motricité (puisque l’on vous dit  qu’un autobloc ça change tout), gauche à 90°, où l’on vient lécher l’herbe à la sortie… dieu que c’est bon. Les tours s’enchainent, le plaisir va crescendo. On double, on se fait doubler, toujours avec courtoisie et le petit geste de remerciement qui va bien. Que du plaisir, pas de stress. L’espace de quelques virages j’ai dans ma ligne de mire l’Elan +2S de Jean-Philippe qui se dandine avec élégance dans le sinueux. Assurément les kit cars anglaises sont à leur aise dans cette portion. D’ailleurs je pourrais vous parler de la Ginetta, de la Rochdale ou de la 911, et puis aussi de ce gauche en dévers qui nous aura posé à presque tous bien des tourments… bref on pourrait continuer la journée entière et encore pas sûr qu’elle suffirait.

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Toutefois, le meilleur des récits ne saurait retransmettre tout le plaisir et l’émotion qu’il y a vibrer sur la piste. Alors le mieux c’est encore de se donner rendez-vous le Samedi 12 Octobre prochain sur le circuit de Magny-Cours Club … et puis restez à l’affût car je crois que la SCCT n’a pas fini de vous surprendre 😉

Passionnément

L’équipe du SCCT

les photos:

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